Après l’introduction en Bourse… tout commence !

Après l’introduction en Bourse… tout commence !
6 mars 2007 PAMART Laure

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18h45
Introduction par Franck Sebag (Ernst&Young), Membre Exécutif de l’IE-Club

19h00
Synthèse des marchés : retour sur les deux ans d’Alternext
Intervention de Marc Fiorentino, CEO Euroland Finance

19h20
Les règles d’or de la communication financière des small et mid cap
Intervention de Cyril Zimmerman, PDG Hi-media

19h40
Table-ronde animée par Franck Sebag (Ernst&Young), Membre Exécutif de l’IE-Club
avec :
Marc Bidou, PDG Maximiles
Philippe Sereys de Rotschild, Directeur Général Natexis Equity Management
Carole Walter, PDG Come&Stay

20h20
Conclusion par Maurice Khawam (NexTFund Capital), Président de l’IE-Club

20h30
Cocktail de clôture


Franck Sebag, Associé Ernst&Young, a introduit cette soirée, axée sur les expériences post-introduction en bourse, dont il fut l’initiateur au sein de l’IE-Club. On a l’habitude de parler de ce qui se passe avant et finalement l’IE-Club s’est posé la question de l’entrepreneur qui se retrouve au J+1 : que se passe-t-il après l’introduction en Bourse ?

« Juste avant l’introduction on a une forme d’euphorie dans l’entreprise, un travail titanesque est préparé, les gens sont tous attachés à ce projet et finalement le lendemain de la cotation, un calme inquiétant s’installe. L’introduction en bourse permet de structurer l’entreprise et lui apporte beaucoup d’avantages (en terme de notoriété, de financement, d’accomplissement personnel pour l’entrepreneur…) mais cela donne aussi beaucoup d’obligations et le jour qui suit l’introduction est le jour des questionnements » F.Sebag

Les questionnements qui naissent à J+1 peuvent porter sur la communication financière : comment faire pour parler à ce marché qui nous a ouvert les bras, pour l’alimenter et pour le rassurer ? Ils peuvent également porter sur la structuration et l’organisation de l’entreprise : comment faire pour passer d’une pratique « de la rustine et du sparadrap » à une organisation plus ample ? Enfin le débat a souvent lieu sur le sujet : comment faire pour pouvoir délivrer toutes les promesses données lors de l’introduction en bourse ?

Marc Fiorentino, CEO de Euroland Finance, quant à lui, ne tarit pas d’éloges sur Alternext dès les premières phrases de son intervention.

« Je commence par la conclusion : c’est de dire qu’aujourd’hui on peut répondre à la question : est-ce qu’Alternext est un succès ? Indéniablement c’en est un ! On me demande aussi très souvent : est-ce que c’est le nouveau « nouveau marché » ? Est-ce que dans 2 ou 3 ans on va se retrouver avec un marché qui va disparaître ? Je crois qu’on peut dire aujourd’hui sans s’avancer que son succès et sa pérennité sont assurés. » M.Fiorentino

Jusqu’à présent Alternext avait subit peu d’épreuves et les progressions de 180% étaient allégrement mises en avant. Marc Fiorentino, se dit content de faire cette présentation après les dix jours d’agitation que viens de connaître la communauté financière, et souligne la résistance du marché suite à cette période difficile. Il est revenu sur la restructuration de la côte qui avait permis – entre le marché libre (qualifié de « far west ») et un marché de plus en plus réglementé – la création d’Alternext selon l’exemple anglais de l’Alternative Investment Market (AIM). L’AIM étant le plus gros succès de la bourse de Londres, avec plus de 3000 sociétés côtées, la création du marché français sur le même modèle n’était donc pas un pari risqué. Ce qui est intéressant c’est l’engouement qu’il a généré : Alternext a incontestablement la vedette en terme d’introductions !

Aujourd’hui il y a deux façons de rentrer sur Alternext : par cotation directe, en quelque sorte par placements privés sans passer par la case AMF ou par appel public à l’épargne.

« A un moment ou à un autre il va falloir passer par la case AMF, le choix est donc de se dire : est-ce qu’on va directement à la case AMF (et dans ce cas on fait une introduction avec appel public à l’épargne) ?… ou est-ce qu’on passe par la case placement privé et on envisagera par la suite un appel public à l’épargne ? Si l’entreprise est bien organisée, si il y a des financiers dans le capital qui demandent déjà de faire du reporting régulier, si le staff comptable, juridique… est suffisant, il vaut mieux aller directement à la case appel public à l’épargne. » M.Fiorentino

Avant de s’introduire, les entrepreneurs se posent de nombreuses questions relative à leur taille, leur capitalisation et au marché le plus adapté. Actuellement de nombreuses sociétés, même si elles ont les critères pour aller sur l’Eurolist, s’orientent vers Alternext. Le niveau de réglementation de l’Eurolist aujourd’hui est un « repoussoir » pour les sociétés de taille moyenne, dont la capitalisation potentielle est inférieure à 100 ou 150 millions d’euros. On pourrait opposer à ce choix la frilosité des étrangers à investir sur un marché non réglementé. Or les étrangers, les anglo-saxons surtout avec l’AIM, sont déjà très habitués à la notion de « regulated » ou « non regulated », à un marché réglementé mais non régulé et ce n’est donc pas un obstacle à leur investissement.

Alternext en quelques chiffres :

  • 79 sociétés cotées
  • Capitalisations à l’introduction : entre 9,7 millions et 151 millions d’Euros.
  • Capitalisations à aujourd’hui : de 4,4 millions à 262 millions d’Euros.
  • CA : entre 2,6 et 69 millions d’Euros. CA moyen : autour de 23 millions d’Euros
  • L’ensemble des placements (opérations au moment de l’intro) représente 610 millions d’Euros.
  • 53 appels public à l’épargne ; 17 passages par le placement privé ; 9 transferts du marché libre
  • Une majorité des entreprises (50) qui ont un cours de Bourse > à leur cour d’IPO.

Ce qu’il faut aussi remarquer sur Alternext c’est le flottant, malgré un départ difficile dû aux règles de cotation astreignantes, la liquidité du marché s’est nettement améliorée depuis les nouvelles règles fixées par Euronext en janvier 2006. Cette liquidité a été étudiée, des comparaisons entre sociétés ont d’ailleurs été réalisées pour tenter de déterminer les critères qui font qu’une société est plus ou moins liquide. Il y a bien évidemment des secteurs à la mode (biotech, internet…), il y a aussi la taille du flottant (qui doit être aux alentours de 25 à 30%) et il y a aussi et surtout la présence d’actionnaires individuels au capital.

« On a trop tendance à s’adresser aux professionnels et aux gérants de fond quand on s’introduit et quelque part on met de coté les particuliers. On dit souvent que les particuliers donnent de la volatilité, c’est eux qui envoient des lettres d’insultes à chaque fois qu’on perd un peu d’argent ou qui viennent aux AG pour poser les questions qui dérangent ou on a le retraité à toutes les AG qui posent 10000 questions. C’est vrai ! Mais d’un autre coté ça a un impact absolument incroyable sur la liquidité : on s’aperçoit que toutes les sociétés qui ont un nombre important d’actionnaires individuels sont des sociétés extrêmement liquides. C’est en plus un amortisseur de chocs, souvent ils réagissent avec retard par rapport aux professionnels. Ils n’ont pas les mêmes cycles de fonctionnement et – parfois – comme en mai dernier, les professionnels ont paniqués et les actionnaire individuels non. Ils ont d’ailleurs eu raison parce que derrière le marché a rebondit.» M.Fiorentino

 Autre élément de liquidité : le « liquidity providing », c’est une des activités d’Euroland Finance qui consiste à assurer une liquidité. L’entreprise cotée est sûre à tout moment d’avoir un acheteur ou un vendeur pour ses titres. L’exemple de NetBooster est tout à fait significatif, à partir de la mise en place d’un contrat de liquidity providing la croissance du cours a été de 19% et la croissance du volume quotidien a pris 28%.

Enfin, pour terminer sur Alternext, il faut mentionner que c’est un marché sur lequel il y a beaucoup d’innovations. On y trouve par exemple aujourd’hui des BSA qui permettent de créer des produits dérivés sur des petites valeurs ou encore des obligations convertibles. Alternext a aussi remis au goût du jour l’intéressement des managers.

Pour conclure sur le thème de la soirée, Marc Fiorentino a insisté sur l’importance de l’après introduction en bourse… qui doit se préparer avant ! Un des critères primordial à la réussite de ce cheminement étant bien évidemment la valorisation. Chez Euroland Finance on considère que l’on peut juger de la réussite d’une introduction environ 2 ans après. A J+1, si tout le monde a fait son travail (l’agence de communication, les commissaires aux comptes, les conseils juridiques, la société de bourse…), l’introduction ne peut pas rater (sauf accident de marché)… par contre la post-intro si !

« Si on travaille bien la post intro ça veut dire qu’on est dans une success story : la société fera d’autres opérations (augmentation de capital, émission d’obligations convertibles, fusions-acquisition…). Quelque part on fera quelque chose de beaucoup plus important que l’introduction ! » M.Fiorentino

Cyril Zimmermann, PDG et Fondateur de Hi-Média, a commencé ironiquement son intervention en soulignant le caractère artistique de la courbe de son cours de Bourse, projetée derrière lui.

« On s’est coté il y a 6 an et demi, en juin 2000, le marché commençait à devenir un peu compliqué puisqu’il y avait un premier signe d’affaissement et de retournement de tendance. Il y avait 120 personnes à la première réunion SFAF à l’hôtel intercontinental à Paris, j’avais 28 ans, je me suis retenu de chanter, j’avais l’impression d’être une rock star. Le lendemain le cour commençait à baisser et comme vous le voyez en fait ça ne s’est pas arrêté tout de suite ! » C.Zimmerman

Globalement Cyril Zimmermann résume son parcours boursier d’une façon très pragmatique : « malgré une naissance difficile et une enfance très calme, l’adolescence commence à être un peu plus agitée et laisse entrevoir quelque chose… ». Il estime que son cours se résume en 3 phases successives :

  • L’introduction et la chute post-introduction ;
  • Le « no man’s land» qui a duré environ 5 ans, puis petit à petit le regain d’intérêt de la part du marché qui s’est remis à suivre les valeurs internet. Cette évolution a été accompagnée d’une profonde restructuration de la société qui est passée d’une exploitation négative à une exploitation profitable et dont le cours de Bourse est repassé près du cours d’introduction ;
  • Des aléas qui sont le fait de la communication financière qui avait été laissée de coté pendant la période précédente.

L’entrepreneur est revenu sur l’évolution du profil de sa société : d’une valorisation de 120 millions à l’introduction pour 14 millions de CA et 3 millions de perte à un CA 2006 de 72 millions avec une rentabilité d’exploitation annoncée de 10% et en prévision 2007 : plus de 100 millions de CA et 15 millions de résultat opérationnel. La communication financière n’est pas intervenue dans cette évolution. Passé l’introduction – le marché étant en pleine crise – les dépenses en communication ont été réduites au strict minimum imposé par l’AMF (deux publications par an lors de l’annonce des résultats semestriels dans des quotidiens financiers).

L’animation de marché a même été arrêté en 2003, la liquidité du titre n’étant alors pas le principal souci du staff de Hi-Media (le cours de l’action étant passé de 11 à 0,16 euros). Et puis petit à petit le cours est remonté, notamment grâce aux particuliers.

« Les particuliers contribuent activement à l’animation des cours, surtout quand il s’agit de sociétés qui ont eu des parcours boursier agité, beaucoup de particuliers agissent par opportunité et même par pari en se disant qu’ils n’ont pas beaucoup à perdre. C’est ce qui s’est passé pour Hi-Media : un certain nombre de personnes ont eu ce comportement sans regarder les fondamentaux de la société et le bouche à oreille a fait qu’on a aujourd’hui 16000 actionnaires. Ce qui est énorme pour une petite société et pour une capitalisation de 200 millions d’euros. » C.Zimmerman

Au-delà de la communication, qui est un impératif ou non en fonction du marché, Cyril Zimmerman reconnaît deux axes principaux d’information : la communication « obligée » (l’annonce presse ou internet… petit à petit selon l’assouplissement de l’AMF) et la communication avec les analystes financiers par l’intermédiaire des réunions SFAF (8 brokers suivent aujourd’hui le titre Hi-Media). Ces réunions sont l’occasion pour les sociétés cotées de délivrer un message fort : l’analyse des résultats de la période qui vient de s’écouler et les explications sur l’évolution de l’activité. Il s’agit de nourrir quelques anticipations sur ce que va être l’avenir de la société, soit en donnant des objectifs, soit des tendances (la frontière entre les deux étant des plus subtiles !).

« Nous avons eu plusieurs étapes dans notre stratégie de développement et parfois notre communication n’a pas été optimale et lorsqu’elle ne l’a pas été on a été sanctionnés. » C.Zimmerman

« Une stratégie de communication se battit dans la durée, il peut y avoir des aléas, il faut qu’ils soient dans les termes les plus courts possibles si vous voulez conserver votre crédibilité. Si votre cours est toujours en « dents de scie » c’est que votre stratégie d’entreprise et de communication est mal comprise. Si vous avez des accidents de parcours liés à un virage stratégique ou une opération de communication malmenée, personne ne vous en tiendra rigueur… si vous arrivez à montrer par les résultats que l’impulsion donnée et la stratégie définie sont les bonnes ! » C.Zimmerman

La communication financière sert donc à gommer certains aléas et à lisser la sacro-sainte courbe du cours… mais elle ne pourra jamais changer radicalement l’évolution du cours qui restera toujours lié à la performance intrinsèque de l’entreprise.

Table-Ronde animée par Franck Sebag

Marc Bidou, CEO Maximiles 

Maximiles est le leader de la fidélisation sur internet avec le programme Maximiles.com qui est leader en France avec 1,7 millions de membres. Une société Anglaise ayant une activité similaire, avec 1,4 millions de membres, a été rachetée. En parallèle la société développe des programmes de fidélité en marque blanche pour d’autres sociétés.

Philippe Sereys de Rotschild, Natexis Equity Management

Natexis Equity Management est un fonds d’investissement, une sorte de passerelle entre le private equity et les institutionnels. C’est à dire que le fonds prends des participations entre 5 et 33% dans des sociétés cotées dans le but de stabiliser l’actionnariat.

Carole Walter, PDG Come&Stay

Come&Stay est une société de publicité interactive qui est spécialisée dans tout ce qui est permission marketing (email et mobile / sms), présente dans 13 pays dans le monde (Europe, Etats-Unis et un tout petit bureau en Chine).

Comment fait-on pour gérer de la croissance externe et faire beaucoup d’acquisitions ?

« On a été introduit sur Alternext en avril 2006 pour faire de la croissance externe. La société avait eu une croissance organique importante et une rentabilité importante, donc on avait pas besoin de capitaux pour gérer la croissance normale. Une fois qu’on a eu les fonds, on a commencé à réaliser de la croissance externe à l’international. On a racheté 3 sociétés, en juin aux Etats-Unis, une autre à l’automne toujours aux Etats-Unis et une 3ème en Scandinavie qui faisait à peu près notre taille après introduction. Au global, la société a beaucoup changé de périmètre en quelques mois, ceci a été réalisé essentiellement avec notre situation d’entreprise cotée puisqu’on s’est re-financés en novembre 2006 à hauteur d’une vingtaine de millions d’euros pour finaliser ces acquisitions. Le pré-requis absolu pour faire ces acquisitions étant que le management en place puisse continuer après le rachat des sociétés. On avait pas à l’intérieur de la société une équipe de management suffisant pour pouvoir arriver avec notre culture, nos méthodes pour pouvoir prendre en charge de nouvelles structures. Donc pour répondre à la question : comment on fait ? On passe beaucoup, beaucoup de temps ! » C.Walter

Dans le même sujet de l’évolution structurelle, bien souvent – même si on a très bien préparé son introduction – l’organisation interne de l’entreprise est bousculée. Comment avez-vous vécu cela après votre introduction chez Maximiles ?

« C’est quelque chose qui impacte beaucoup l’entreprise et surtout son PDG. La première chose à faire c’est de s’entourer de bons conseils. Au début on ne connaît rien au public equity, il faut travailler avec un broker, un listing sponsor, une agence de communication financière… Les rapports avec le commissaire aux comptes se développent aussi beaucoup à cause des spécifications AMF.

La deuxième chose à prendre en considération c’est la réorganisation du conseil d’administration. Si vous avez été financé par des investisseurs en capital risque en général ils sont destinés à sortir, ou en tout cas ne souhaitent plus être actifs et vont donc se retirer progressivement. Le challenge est donc de reformer un conseil

Enfin il ne faut surtout pas négliger le DAF qui est amené à prendre un rôle de plus en plus stratégique au sein de l’entreprise, il faut donc qu’il en ait la carrure et les capacités et se poser la question de savoir si la personne en place en a l’envergure et s’il faut en changer, faut-il le faire avant ou après l’IPO ?

Pour finir je dirai que le fait d’etre une société cotée m’oblige à y consacrer entre 25 et 30% de mon temps, voir 100% au moment de la publication des résultats ! Il faut anticiper et se structurer derrière dans l’organisation. Mettre des directeurs n-1 qui aient la capacité à faire tourner la boutique sans que tout ne repose sur les épaules du PDG qui ne peut plus être présent sur tout comme avant. Ce n’est pas évident quand on s’introduit à 5-6 millions d’euros – comme dans notre cas – d’avoir une équipe d’envergure. Certes Alternext est beaucoup plus « léger » en terme de contraintes mais le niveau est quand même élevé pour une entreprise d’une vingtaine de salariés. » M.Bidou

Comment se fait la relation aux analystes et aux investisseurs avant l’introduction en bourse ? Comment l’avez-vous vécu ? Les approches françaises et anglo-saxonnes différent-t-elles ?

«  Nous n’avons rencontré quasiment aucun investisseur anglo-saxon ! La relation avec les investisseurs français quand à elle est relativement simple (présentation de la stratégie de la société, des ressources, des résultats…). Ca n’a pas changé mon quotidien de travail. Je passe beaucoup de temps sur la gestion de la société, les acquisitions et les intégrations mais peu sur la partie purement boursière et relations investisseurs. » C.Walter

« Avant l’intro on ne discute qu’avec un seul analyste : celui du broker. Après on a le choix d’essayer de convaincre d’autres sociétés de bourse de suivre la valeur. C’est important d’en avoir un maximum mais c’est très dur. Si votre market cap n’est pas de 50 millions d’euros, quel est l’intérêt pour un broker de mettre un analyste sur votre dossier ? Sur la question des anglo-saxons, nous en avons un assez gros nombre au capital (pas en quantité, mais en parts de capital plutôt parce qu’ils prennent des grosses lignes) et je ne vois pas de différence avec les investisseurs français. Au début quand on arrive à la City devant des énormes tours, on se dit qu’ils ne vont jamais investir dans des sociétés aussi petites que nous. Et bien on a tort, ils investissent presque plus dans des small caps voir dans des micro caps que peuvent le faire des Français. Il n’y a aucune barrière à être petit et à aller voir un investisseur à Londres. Il y a des spécialistes qui apprécient la démarche. » M. Bido

Quelle est votre vision en temps qu’investisseur sur ce type de segment ? Comment ressentez-vous le marché ? Comment vous positionnez-vous en temps que fond un peu atypique par rapport à votre stratégie d’investissement ?

« Nous nous sommes positionnés comme une sorte de passerelle qui pourrait se qualifier de « private equity » dans le milieu du côté. Notre métier consiste à prendre des blocs de titres de façon assez précise, nous rentrons en temps qu’actionnaires dans la société pour stabiliser l’actionnariat sur le moyen terme. A l’inverse des institutionnels qui d’une journée sur l’autre peuvent passer d’une société à l’autre et tournent assez vites. Nous notre objectif lorsque l’on se place sur une société est d’y rester de 3 à 5 ans et d’accompagner sa croissance. La première chose que nous demandons est une place au board. Qui dit place au board dit information confidentielle et délit d’initié. Pour parer cela, nous avons un code de déontologie extrêmement précis et détaillé que l’on doit suivre à la lettre. On est dans une situation un peu tangente ou il faut être très précautionneux. On a des informations privilégiées et on est dans le milieu du côté et notre code de déontologie nous permet de nous installer durablement dans ce métier, qui est un métier un peu hybride. On a remarqué qu’il y avait un réel marché pour cette activité : plus de 80 sociétés côtées sont venues nous voir pour stabiliser leur actionnariat !. » P.Sereys de Rotschild

Aujourd’hui on parle de plus en plus de private equity et de hedge fund aux US et en Europe, du coté de la direction des entreprises, comme de l’investisseur, comment avez-vous réfléchi à aller vers la cotation plutôt que vers le private equity ?

« On a regardé les deux alternatives. On a considéré que le facteur clé pour la société c’était la constitution de son board, parce que ses membres étaient toujours en ligne sur les décisions à prendre et que ça fonctionnait très bien comme ça. On n’avait pas envie de changer cet équilibre là, ce qui aurait été le cas en faisant rentrer un investisseur dans le capital. La deuxième raison c’était qu’il y ait une liquidité partielle voir total pour tous ceux qui nous avaient accompagnés depuis le début (notamment les business angels), pour qu’ils puissent vendre au fur et à mesure ou pas ce qu’ils nous avaient confiés. La Bourse répondait bien à ces exigences. Concernant les hedge funds nous n’avons jamais été sollicités, je pense que notre taille est bien trop petite pour les intéresser. » C.Walter

« On dit que les avantages de la Bourse c’est la notoriété, la visibilité… c’est réel, on l’a surtout ressenti à l’international où vous partez de 0 en notoriété. Quand vous discutez avec des grands comptes, être une société « public » avec des comptes certifiés, déposés… vous atteignez un niveau de crédibilité que vous n’avez pas quand vous êtes « private », on l’a ressenti dans nos discussions de haut niveau. De plus, élément important, cela permet une liquidité partielle aux actionnaires historiques. L’alternative à l’IPO c’est souvent la trade sale. La trade sale c’est en général : « je vend tout ou rien ». Quand vous avez à votre capital des business angel que vous voulez sortir, des fonds de capital risque pas forcément rentrés à la même période, avec les mêmes valos… certains peuvent être plus ou moins pressés de sortir, la trade sale n’est pas forcément la bonne solution, l’IPO oui. La possibilité de relever ultérieurement de l’argent était aussi un facteur déterminant. Ce que je dirai aussi au sujet de l’IPO c’est que cela coûte cher d’être coté, ça n’a donc un intérêt que si l’on s’en sert : ça veut dire offrir une liquidité aux actionnaires historiques, faire des acquisitions, faire des augmentations de capital… si c’est être coté pour le plaisir ça n’a évidemment aucun intérêt, il faut qu’il y ait derrière une véritable stratégie de développement. » M. Bidou 

« Dans toutes les sociétés qu’on a regardé, on n’a vu aucun hedge fund rôdé autour ! Effectivement ces sociétés sont généralement trop petites et « sous » l’écran radar des hedge funds. Cela étant dit cela peut toujours intervenir. Compte tenu du droit des minoritaires qui aujourd’hui deviennent de plus en plus solides, il est probable qu’un jour les hedge funds s’y intéressent. Je pense que pour le moment c’est trop volatile, trop petit… donc pas d’inquiétude pour le moment ! » P. Sereys de Rotschild

Conclusion

Maurice Khawam, Président NexTFund Capital & Président de l’IE-Club a conclu la soirée en remerciant les participants pour leur présence et leur fidélité. Il a également salué Euroland Finance, partenaire de l’événement pour avoir joué le jeu aux cotés de l’IE-Club. 

« Je crois que pour nous acteurs du private equity et entrepreneurs, il est extrêmement important d’avoir un marché comme alternext qui peut créer la liquidité souhaitée et permet aux sociétés de se développer au delà de la phase private equity – tout cela contribuant à l’essor de tout notre écosystème. » M. Khawam 

Le Président de l’IE-Club a également tenu à remercier les speakers Marc Fiorentino et Cyril Zimmerman ainsi que les intervenants de la table ronde qui – par leur témoignages – ont apporté un aspect concret et vivant à la réunion. Ce qu’il retiens plus particulièrement des débats c’est l’importance de la structure de l’entreprise au moment de l’IPO ainsi que le rôle prépondérant du DAF et de la communication financière.

« Je retiens aussi l’importance de l’après IPO et l’importance de son anticipation. Aujourd’hui je pense que le constat est qu’Alternext répond à une problématique importante puisqu’elle permet à des sociétés de continuer leur développement. » M.Khawam 

Enfin il a profité de cette intervention rappeler les dates et thèmes des 3 prochaines réunions de l’IE-Club :

  • le 3 mai, une réunion « entre les membres »,
  • le 14 juin, « Leaders de la ITech-Economie : Réussir à l’International »,
  • en septembre, l’Observatoire des stratégies d’information et de communication des PME Innovantes
  • en octobre, la 4ème Edition de l’ Observatoire de la Relation Grandes Entreprises – PME Innovantes